Ousman Sonko

11.01.2018
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

La Gambie est restée sous le joug de Yahya Jammeh de 1994 à 2017. Pendant plus de deux décennies, toute opposition était brutalement réprimée ; tortures, exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées étaient monnaie courante.

Ousman Sonko était commandant de la Garde présidentielle (corps d’élite), puis membre de l’armée gambienne. Il a ensuite exercé les fonctions d’Inspecteur général de la police.

Après la réélection de Yahya Jammeh en septembre 2006, Ousman Sonko a été nommé ministre de l’Intérieur. Il a occupé cette position jusqu’en septembre 2016, lorsqu’il a été démis de ses fonctions et a quitté la Gambie.

Procédure Légale

Ousman Sonko a été le ministre de l’Intérieur du dictateur gambien Yahya Jammeh de 2006 à 2016. Durant cette période, il est soupçonné d’avoir participé à la commission d’actes de torture, notamment dans des lieux de détention.

Démis de ses fonctions en septembre 2016, Ousman Sonko a fui la Gambie pour le Sénégal, puis la Suède, où il a demandé l’asile. Sa demande a été rejetée. Il s’est alors rendu en Suisse, où il a également déposé une demande d’asile.

Alerté de sa présence, TRIAL International a déposé une dénonciation pénale auprès des autorités de poursuite bernoises le 25 janvier 2017. Ces dernières ont fait arrêter le suspect le lendemain, conformément à la Convention contre la torture et au Code pénal suisse.

Suite à son interpellation, les autorités bernoises ont auditionné le prévenu et décidé de sa mise en détention provisoire. Les charges pesant contre Ousman Sonko ont été requalifiées en crimes contre l’humanité et le dossier a été transféré au Ministère public de la Confédération. Deux victimes de tortures ont déjà porté plainte contre lui.

Le 3 mai 2017, le Tribunal des mesures de contrainte du canton de Berne a décidé de prolonger sa détention de trois mois supplémentaires.

Le 19 octobre 2017, la justice suisse a confirmé la saisie des avoirs d’Ousman Sonko. Ceux-ci s’élèvent à environ 14’000 USD et serviront à couvrir les frais de justice en Suisse.

Le 2 novembre 2017, le Tribunal des mesures de contrainte du canton de Berne prolonge une nouvelle fois sa détention de trois mois supplémentaires.