« Le professionnalisme de TRIAL est crucial pour que les victimes lui fassent confiance »

06.02.2020

Robert Bachmann est Conseiller en sécurité humaine à l’Ambassade de Suisse de Kinshasa (RDC). Dans le cadre de l’engagement suisse dans la promotion de la paix, il collabore avec TRIAL International, dont les actions dans la région sont financées, entre autres, par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de la Suisse. Il nous livre ici son analyse de la situation en RDC, la lutte contre l’impunité et la collaboration avec les ONG.

 

 

Comment TRIAL International contribue-t-elle aux objectifs du DFAE dans la région des Grands Lacs africains ?

Robert Bachmann : Depuis plus de 20 ans, la RDC connaît des cycles de violence avec un nombre dramatiquement élevé de victimes. La prévention et la transformation des conflits communautaires et la défense des droits humains, y compris la lutte contre l’impunité, sont des priorités du DFAE dans la région. La coopération au développement et l’aide humanitaire suisses s’engagent pour réduire la pauvreté et sauver des vies.

Les activités de TRIAL International s’inscrivent dans ces priorités. Elles permettent de démontrer aux professionnels de la justice que, malgré le contexte difficile, il est possible d’obtenir gain de cause avec une préparation adéquate. Les procès qui aboutissent à des condamnations sont un début de réparation pour les victimes. Il s’agit également d’un message adressé aux auteurs présumés de crimes internationaux.

Robert Bachmann (à droite) et Guy Mushiata (au centre avec le micro), coordinateur en RDC chez TRIAL International, lors d’une table ronde autour du documentaire « Chasseurs de crimes ». ©DFAE

 

Quels liens voyez-vous entre le mandat de TRIAL International et la paix et la stabilité dans la région ?

Le lien est évident : les cycles de violence et la persistance des groupes armés, l’un des plus grands drames et défis de la région, sont un frein à tout établissement de la paix et du développement. Pour sortir de ce cycle de violence, la Suisse s’engage, au travers de partenaires locaux, à accroître la résilience des communautés face aux préjugés et aux manipulations qui souvent nourrissent la violence. La lutte contre l’impunité, comme message adressé aux auteurs présumés de ces crimes, est un élément clé de l’instauration d’une paix durable.

 

Quels aspects du travail de TRIAL International vous paraissent particulièrement porteurs ?

Les formations sur la collecte et l’analyse des preuves et sur les stratégies juridiques sont particulièrement nécessaires. De l’avis des bénéficiaires, et au vu des condamnations obtenues dans des dossiers pourtant sensibles, ces formations sont grandement appréciées.

D’autre part, l’accès à la justice pour les victimes de violences sexuelles en tant que crimes internationaux est central aux activités de TRIAL International. L’intégration des droits humains et de la dimension de genre est assurée dans toutes les phases de leurs projets.

 

Comment le DFAE envisage-t-il la collaboration avec les organisations de la société civile, notamment les ONG ?

Nous voyons les ONG comme des partenaires pour atteindre nos objectifs communs. Nous tenons à avoir un échange régulier et franc sur la mise en œuvre des projets et nous nous impliquons directement, là où c’est possible, pour atteindre ces objectifs.

J’apprécie le professionnalisme de TRIAL International et de tous ses collaborateurs que j’ai rencontrés – en RDC et en Suisse. Ce sont des facteurs cruciaux pour que les victimes, mais aussi leurs avocats et les institutions, prêtent à l’organisation la confiance nécessaire pour travailler sur des sujets aussi sensibles et délicats.

Le DFAE suisse soutient généreusement les activités de TRIAL International dans les Grands Lacs africains depuis 2010.

 

©2020 trialinternational.org | Tous droits réservés | Avertissement | Statuts | Designed and Produced by ACW