Ladislaus Csizsik-Csatary

27.04.2016 ( Modifié le : 04.08.2016 )
TRIAL International rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Ladislaus Csizsik-Csatary (ci après Laszlo Csatary) est né le 4 mars 1915. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a servi comme commandant de la police royale hongroise et aurait été en charge de la ville de Kassa, à l’époque sous domination hongroise et maintenant connu sous le nom de Kosice, en Slovaquie. A cette époque, il aurait également été responsable du ghetto juif de Kosice, le premier mis en place en Hongrie après l’occupation allemande.

Laszlo Csatary était accusé d’avoir été impliqué dans la déportation de 300 Juifs de Kosice vers Kamianets-Podilskyï en Ukraine, dont la quasi-totalité ont été tués lors du massacre de août 1941. En outre, Csatary aurait été chargé d’organiser le transfert d’environ 15.700 Juifs de Kosice jusqu’au camp de concentration d’Auschwitz en 1944. Il était également accusé d’avoir exercé son autorité de façon inhumaine sur les habitants du ghetto de Kosice.

Après la guerre, la Tchécoslovaquie le condamna par contumace pour crimes de guerre et le condamna à mort en 1948. En 1949 Csatary s’installa au Canada. Il a obtenu la citoyenneté canadienne en 1955. Il résidait à Montréal et travaillait comme marchand d’art. Sa véritable identité fut finalement révélée en 1995. Interrogé à ce sujet, il reconnût avoir participé à la déportation des Juifs, mais insista sur le rôle mineur fait qu’il aurait jouer. Il fût déchu de la citoyenneté canadienne en 1997 et fuit le pays avant d’être convoqué à l’audience qui allait décider de son expulsion.

Le 18 juillet 2012 Laszlo Csatary a été arrêté par les autorités hongroises à son domicile de Budapest et placé en détention pour être interrogé.

 

 

procédure légale

Le 18 juillet 2012 Laszlo Csatary a été arrêté par les autorités hongroises à son domicile de Budapest et placé en détention pour être interrogé.

Le même jour, il a été interrogé par un juge d’instruction du bureau du Procureur militaire à Budapest et placé en maison d’arrêt pour 30 jours. Csatary était accusé de crimes de guerre et de « torture illégale sur êtres humains ». Il nia toutes les accusations et affirmait qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres.

La première audience a eu lieu le 31 juillet 2012. Csatary a nié toutes les accusations portées contre lui. Il a nié être le commandant de la police du ghetto de Kassa et d’être antisémite.

Le 2 août 2012, le bureau du procureur de la République slovaque a annoncé qu’un citoyen de Kosice, dont le père a été déporté en Allemagne, a déposé une plainte contre Csatary pour crimes contre l’humanité

Le 18 juin 2013, les Procureurs hongrois ont inculpé Csatary pour crimes de guerre. Selon le procureur, Csatary aurait «volontairement participé à l’exécution illégale et la torture des Juifs déportés de Kosice aux camps de concentration dans les territoires occupés par les Allemands ». Csatary a nié les accusations.

Laszlo Csatary est décédé en août 2013 à l’âge de 98 ans d’une pneumonie dans un hôpital de Budapest, en Hongrie.

 

contexte

CONTEXTE DE L’ALLEMAGNE NAZIE

A la fin de la deuxième guerre mondiale, de nombreux procès ont été effectués tant en Allemagne que dans d’autre pays à l’encontre les criminels de guerre et de ceux responsables pour les crimes nazis.

Bien qu’il soit impossible de fournir un résumé de tous ces procès, ci-dessous se trouve un bref aperçu des procès majeurs qui ont été tenus contres les criminels de guerre à Nuremberg et des procès y succédant.

BASES LEGALES SELON LA LOI DES NATIONS

Les Forces armées allemandes ont capitulé sans condition les 7 et 8 mai 1945.1 Les Alliés (Etats-Unis, Union Soviétique, Grande Bretagne et France) ont repris les fonctions gouvernementales en Allemagne, formé le Conseil de contrôle allié et divisé l’Allemagne en quatre zones d’occupation.

Par l’adoption du Traité de Londres le 8 août 1945, les Alliés ont établi le Tribunal militaire international (TMI) afin de juger les principaux criminels de guerre allemands. L’appendice III du traité contient le statut du Tribunal militaire international (Statut TMI).

LES TRIBUNAUX DE NUREMBERG

Selon les arts. 1 – 3 du Traité de Londres, les criminels de guerre pour lesquels aucun emplacement géographique ne peut être déterminé doivent êtres jugés par le TMI. Pour les autres criminels de guerre allemands, le principe de territorialité s’applique : les tribunaux des Etats sur le territoire duquel les crimes ont eu lieu sont compétents pour juger les criminels sur la base de leur droit national (art. 4 et 6).

La compétence rationae de l’IMT s’étend aux :

– Crime contre la paix ;
– crimes de guerre ; et
– crimes contre l’humanité (art. 6 Statut TMI).

Le TMI était composé de quatre juges et quatre juges de réserves nommés par les quatre puissances alliées (art. 2 Statut TMI). Appliquant l’article 13 du Statut IMT, le tribunal a adopté ses propres règles de procédures.

Le TMI a inculpé 24 personnes. Les jugements se sont déroulés du 20 novembre 1945 au premier octobre 1946. Douze des personnes inculpées ont été condamnées à mort, trois acquittées, et sept autres ont été condamnées à des peines de prison variant de dix ans à la perpétuité. Dans une affaire, l’affaire a été annulée pour des raisons médicales et dans un autre l’inculpé s’est suicidé avant le début du procès.

LES PROCES SUCCESSIF A NUREMBERG

Sur la base du statut du Conseil de contrôle allié numéro 10 (KRG 10 (5) adopté le 20 décembre 1945 plusieurs procès successifs à Nuremberg ont été menés sous l’administration des puissances alliées. Le statut du Conseil de contrôle allié numéro 10 visait à fournir une base légale commune aux quatre zones sous occupation afin de poursuivre ceux qui avaient commis des crimes sous le Troisième Reich. Les procès successifs à Nuremberg étaient donc basés sur le KRG 10 et le droit des parties occupantes, et non sur le TMI, bien que les éléments matériels de ce dernier étaient incorporés dans le statut du Conseil de contrôle. Ainsi, selon la section 10 du KRG, il était possible de référer des affaires dirigées contres des allemands ayant commis des crimes en Allemagne à des tribunaux allemands. Cette clause a été utilisée par les gouvernements d’occupation français, russe et anglais.

LES PROCEDURES DEVANT LES TRIBUNAUX MILITAIRES

Une attention particulière a été donnée aux douze grands procès qui ont été menés par les tribunaux militaires américains jusqu’au milieu de l’année 1949. Dans ces procès, les personnes inculpées étaient regroupées dans différents groupes :

Les procès des médecins regroupaient toutes les affaires ayant trait au programme d’euthanasie suite aux recherches médicales conduites et aux meurtres qui ont été commis afin de collecter des squelettes.

Le procès Milch : procès contre le maréchal Milch pour sa coopération dans le programme de production d’armes.

Le procès des juristes : procès contre seize employés du ministre de justice impériale ou de tribunaux spéciaux.

Administration générale de l’industrie SS : inculpations pour l’administration des camps de concentration.

Procès Flick : procès contre l’industrialiste Flick pour conspiration de guerre agressive et labeur forcée des prisonniers de guerre et des internés dans les camps de concentration.

Procès IG Farben : procès pour conspiration de guerre agressive et labeur forcée des prisonniers de guerre et des internés dans les camps de concentration.

Procès pour le meurtre d’otages : inculpations pour le meurtre d’otages dans les Balkans.

Procès RuSHA : procès contre les employés du Bureau SS pour la race et le peuplement notamment pour leur collaboration dans l’extermination des juifs et polonais et le déplacement des enfants aryens des territoires allemandes occupées.

Procès contre les Unités spéciales d’extermination : inculpation pour la participation aux massacres dans les territoires occupés de l’Est.

Procès Krupp : affaire contre l’industrialiste Krupp pour, entre autres, l’exploitation de labeur forcée.

Procès Wilhemlstrassen : affaire contre des hauts officiels du régime national-socialiste (NS) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Procès du Centre de commande général des forces armées : affaire contre les hauts officiels des forces armées pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Les documents en lien avec ces procès (bases légales, inculpations, mémoires, jugements, etc.) sont disponibles à www.mazal.com/NMT-HOME.htm et www.ess.uwe.ac.uk/warcrimesindex.htm.

De nombreuses autres affaires ont été jugées devant les tribunaux militaires américains. Au total, 1941 personnes ont été jugées.

PROCEDURES DEVANT DES TRIBUNAUX ANGLAIS, FRANÇAIS ET SOVIETIQUES

Des criminels de guerre allemands ont également été jugés devant les tribunaux des autres puissances occupantes. Les Anglais ont également effectué des jugements en Italie et en France, en particulier contre des collaborateurs des camps de concentration. Les tribunaux français étaient actifs non seulement dans les zones occupées, mais encore en Afrique du nord et en France dans des affaires impliquant des criminels allemands NS et des collaborateurs du régime Vichy. L’Union Soviétique a mené des procès contre des criminels de guerre dans les zones qu’elle reconquérait pendant la guerre. Dans la zone d’occupation soviétique, des employés des camps de concentration ont été poursuivis.

AFFAIRES DANS D’AUTRES PAYS

D’autres pays ont également mené des procès contre des ressortissants allemands, parmi lesquels la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Yougoslavie, la République Tchèque et Israël.

 

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