Bela Biszku

14.04.2016 ( Modifié le : 14.12.2018 )

faits

Béla Biszku est né le 13 septembre 1921 à Marokpapi, en Hongrie.

Biszku est devenu membre du parti communiste hongrois en 1944. Entre 1957 et 1961, il a servi en tant que ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Janos Kadar, et entre 1961 et 1962, il a été vice-premier ministre. De 1962 à 1978, Biszku a occupé le poste de secrétaire du Comité central du parti communiste.

Le 23 octobre 1956, l’insurrection contre la dictature communiste en Hongrie et contre sa soumission à l’Union soviétique commença. Celle-ci fut l’une des plus fortes insurrections contre un gouvernement communiste dans le bloc de l’Est. Néanmoins, la révolution fut écrasée en trois semaines par une invasion soviétique. Une répression et des punitions contre les personnes soupçonnées d’avoir participé à la révolution anti-communiste commencèrent. Biszku aurait été le directeur en chef de ces représailles. Il était accusé d’avoir ordonné à deux reprises aux forces de sécurité d’ouvrir le feu sans discrimination sur des manifestants anti-communistes. Un premier incident eut lieu le 5 décembre 1956 à la gare de Nyugati à Budapest où cinq personnes trouvèrent la mort. Le second incident se produisit trois jours plus tard à Salgótarján, une ville dans le nord de la Hongrie, causant 46 morts. Parmi eux se trouvait également le chef de la révolution, le communiste réformateur, Imre Nagy.

Après la révolution, quelque 26,000 protestants furent traduits en justice et environ 300 d’entre eux furent exécutés. Environ 200,000 personnes fuirent le pays pendant une brève période avant que les frontières soient scellées. Biszku aurait joué un rôle dans les procès judiciaires en intervenant personnellement dans les affaires pour assurer l’imposition de lourdes peines contre les révolutionnaires, y compris la peine de mort.

En 2011, cependant, la dénommée «loi Biszku» a été adoptée, supprimant les délais de prescriptions pour les crimes contre l’humanité et les crimes de guerres. Le 17 février 2012, le parti nationaliste Jobbik a déposé une plainte pénale officielle à l’encontre de Biszku, pour le faire juger en vertu de cette nouvelle loi.

 

procédure légale

En 2011, Biszku a été accusé de négation de crimes contre l’humanité.

Le 17 février 2012, le parti nationaliste Jobbik a déposé une plainte pénale officielle à l’encontre de Biszku.

Le 28 février 2012, le bureau du procureur de Budapest a ouvert une enquête au sujet de son rôle dans les représailles contre des manifestants anti-communistes qui ont eu lieu après 1956. Biszku était accusé de ne pas avoir protégé les civils en temps de guerre et d’avoir ordonné aux forces de sécurité d’ouvrir le feu sur des foules de protestants à deux reprises, à la suite de quoi 50 personnes ont été tuées.

Le 10 septembre 2012, Biszku a été placé en résidence surveillée à Budapest, soupçonné d’avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Le 19 mars 2014, son procès a commencé et il a exprimé son refus de témoigner, rejetant toutes les accusations faites contre lui. Il était accusé de crimes de guerres lors de la répression de la révolte anti-soviet de 1956. Le procureur l’accusait de complicité dans l’exécution de plusieurs personnes à Budapest le 6 décembre et à Salgotarjan le 8 décembre 1956.

Le 13 mai 2014, Biszku a été condamné à cinq ans et six mois de prison pour crimes de guerre à l’encontre de civils à la suite des révoltes en 1956. Le procureur, qui avait requis la perpétuité, a immédiatement fait appel contre cette décision. La défense a également fait appel de ce jugement.

Une cour d’appel hongroise a ordonné le 1 juin 2015 qu’un nouveau procès soit tenu à l’encontre de Biszku. La cour a jugé que le verdict rendu par la cour de première instance dans l’affaire était « sans fondement » et « impropre à la révision » et ce, tant au vu d’erreurs de logique dans les conclusions de la cour de première instance, que du recours excessif du parquet aux opinions d’un témoin unique, historien de profession.

Le nouveau procès a commencé le 2 octobre 2015 devant la Cour municipale de Budapest. Biszku a de nouveau plaidé non coupable.

Le 17 décembre 2015 il a été condamné à une peine de deux ans avec sursis, et trois ans de mise en épreuve. En vue de son âge avancé et de son faible état de santé, la peine n’a pas été exécutée. La cour a disculpé Biszku d’avoir ordonné les fusillades, mais a jugé qu’il était complice de ces crimes pour avoir omis de tenir les auteurs responsables.

Le procureur, ainsi que Biszku ont fait appel de la décision de la cour.

Biszku est décédé le 31 mars 2016 à l’âge de 94 ans, avant que la cour d’appel ne puisse prononcer un jugement.

point fort

Biszku est le dernier membre survivant de la direction communiste hongroise et le premier à faire face à une enquête pénale pour des actes commis après la révolution hongroise de 1956.